Voyager ensemble – Roiffé 2025
Les journées nationales de JPV ont eu lieu cette année encore, à Roiffé, dans le Val de Loire près de Saumur, et ont rassemblé beaucoup de personnes, dont des frères et sœurs endeuillés. Parmi eux, Florent Le Doaré a témoigné dans ce texte son ressenti lors de ces rencontres.
16h15. On prend la voiture et on y va. 5h de route, à quatre. On papote, on regarde, on questionne, on silence : on est ensemble.
On arrive et on découvre. Un lieu, des vies, des histoires.
L’endroit est magnifique et les sourires semblent sincères. Le premier café du samedi matin rassemble. On rigole, on se charrie : on est ensemble.
Le groupe de parole commence et je suis transporté dans toutes ces vies. Dans ces témoignages. Des mots qui bouleversent mais qui rassemblent tellement. On est ensemble, dans cet instant suspendu, que rien ne peut arrêter. Sur cette terrasse de café, dehors, le monde vit autour, les golfeur·(euses) passent, les serveur·(ses) traversent mais, nous, dans notre bulle : on est ensemble. Comme un moment magique que rien ne peut stopper. On délivre ce qui ronge, on s’écoute et ça suffit pour faire de ce moment un espace hors du temps : on est ensemble.
Manger ensemble nous rassemble ensuite. Ici, la vie prend toute sa place. On mange pour vivre, on boit pour vivre : la mort n’aura pas raison de nous. Et surtout, on est ensemble autour de cette table.
S’il y a bien une chose que je ne pensais pas faire autant à Roiffé c’est rire. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai eu des émotions fortes.
La vie, en somme.
La vie, ensemble.
Vient le temps de la cérémonie. Ces bougies m’émeuvent : elles représentent tous·(tes) celles et ceux qui ne sont plus là. Qui, sous mes yeux, pour la première fois, sont représenté·(es). On les sentait depuis hier, on les trouvait dans les yeux, on les voyait dans les airs mais pour la première fois, ils et elles scintillent devant moi.
Le feu des bougies brule vers le ciel,
L’eau sur les joues coule vers le sol,
Et nos bras se tendent vers l’autre.
L’étreinte comme un rappel au corps, un rappel à l’autre et un rappel à soi : je suis présent, je suis là, je suis toujours là : avec elles et eux. Nous avons vécu des évènements difficiles, nous avons traversé des tempêtes inénarrables, nous avons plongé dans le noir, nous avons connu la colère, parfois même le désespoir et pourtant ces simples câlins, à cet instant, font du bien.
Rappel aux cœurs et aux corps que nous sommes ensemble.
« Tu fais partie de la famille, maintenant ! »
Sept mots comme une promesse qui sera tenue.
Sept mots qui résonnent et qui relient.
Sept mots qui font chaud au cœur et qui font sens.
Je rentre léger.
F LD
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